Vérification d'identité

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Pourquoi les systèmes traditionnels échouent face aux fraudeurs modernes ?

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Pendant des années, les systèmes de sécurité et de vérification d’identité ont été conçus pour faire face à des fraudes relativement simples et isolées. Un document falsifié, un mot de passe deviné, une signature imitée : les mécanismes de contrôle étaient pensés pour détecter des anomalies ponctuelles, souvent humaines, dans un monde où la majorité des interactions restaient physiques. Mais le contexte a radicalement changé.

La fraude n’a pas seulement augmenté : elle a évolué en profondeur. Elle a changé de nature, de rythme et d’échelle. Dans le même temps, les parcours numériques ont explosé : onboarding à distance, procédures KYC, signature électronique, accès à des services sensibles, recrutement en ligne… L’identité se vérifie désormais à distance, souvent en quelques minutes, sans contact humain. Dans ce nouvel environnement, les systèmes traditionnels montrent leurs limites.

Les systèmes traditionnel : une sécurité pensée pour un autre monde

Les mécanismes historiques de vérification reposaient principalement sur trois piliers :

  • La connaissance : mots de passe, questions secrètes, codes PIN.
  • La possession : carte bancaire, téléphone pour recevoir un code SMS, document d’identité.
  • La vérification humaine : contrôle visuel d’un document, comparaison d’une photo, validation manuelle.

Ces approches étaient adaptées à un monde où :

  • Les volumes étaient limités.
  • Les interactions étaient majoritairement en face à face.
  • Les fraudeurs disposaient de moyens techniques restreints.

Un contrôle visuel suffisait souvent à détecter une incohérence. Un mot de passe robuste pouvait décourager une tentative opportuniste.

Les limites structurelles de ces approches

Aujourd’hui, ces mécanismes présentent des failles structurelles.

Les mots de passe sont réutilisés, volés lors de fuites massives de données ou testés automatiquement via des attaques par “credential stuffing”. Les codes SMS peuvent être interceptés ou contournés par des fraudes à la carte SIM. Les documents d’identité peuvent être falsifiés avec des outils accessibles en ligne.

Surtout, ces systèmes reposent souvent sur une logique déclarative : on demande à l’utilisateur d’affirmer qui il est, puis on vérifie des éléments périphériques. Mais lorsque ces éléments peuvent être copiés, détournés ou simulés, la chaîne de confiance s’effondre.

Les systèmes traditionnels n’ont pas été conçus pour un environnement où la fraude est automatisée, industrialisée et amplifiée par l’intelligence artificielle.

Les fraudeurs modernes : rapides, organisés et technologiques

La fraude à l’identité n’est plus une activité isolée. Elle s’est structurée autour de véritables écosystèmes.

Des plateformes de “Fraud-as-a-Service” proposent aujourd’hui :

  • Des bases de données d’identités compromises.
  • Des kits de phishing prêts à l’emploi.
  • Des outils pour générer de faux documents.
  • Des solutions de deepfake accessibles à moindre coût.

Les attaques sont automatisées, parallélisées et testées à grande échelle. Là où un fraudeur ciblait une victime, des réseaux organisés peuvent désormais viser des milliers de comptes simultanément.

De nouvelles techniques difficiles à détecter 

Les fraudeurs modernes exploitent des techniques que les systèmes traditionnels n’étaient pas conçus pour contrer :

  • Identités synthétiques : combinaison de données réelles et fictives pour créer des profils crédibles.
  • Deepfakes : génération de visages animés capables de tromper des contrôles vidéo.
  • Attaques par présentation : utilisation de photos, vidéos ou masques devant la caméra.
  • Attaques par injection : insertion directe d’un flux vidéo manipulé dans un système de vérification.

Les systèmes traditionnels reposent souvent sur des règles statiques ou des contrôles superficiels. Or, les attaques modernes imitent de mieux en mieux les comportements légitimes.

Un deepfake bien conçu peut paraître cohérent à l’œil humain. Un document falsifié peut passer un simple contrôle visuel. Un bot peut simuler des interactions humaines. Les fraudeurs exploitent précisément les angles morts des dispositifs hérités du passé.

Pourquoi la biométrie et les approches modernes changent la donne

La véritable rupture consiste à passer d’une logique où l’on “déclare” son identité à une logique où l’on en apporte la preuve. La biométrie, lorsqu’elle est correctement mise en œuvre, permet de vérifier qu’une personne réelle est physiquement présente et qu’elle correspond au titulaire du document présenté. Elle réduit la dépendance aux éléments facilement copiables.

Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant (notamment en Europe), les certifications et standards jouent un rôle central. Des solutions évaluées selon des référentiels reconnus (ISO, CEN, ETSI) permettent de démontrer un niveau de sécurité mesurable et audité.

Face à des fraudeurs organisés et technologiques, l’intuition ne suffit plus. Il faut des preuves, des tests indépendants et des niveaux d’assurance clairs.

Conclusion

Les systèmes traditionnels n’échouent pas parce qu’ils étaient mauvais. Ils échouent parce qu’ils ont été conçus pour un monde qui n’existe plus.

Dans un univers numérique où la fraude est rapide, organisée et dopée à l’IA, les approches héritées montrent leurs limites. Les organisations doivent évoluer vers des dispositifs capables de fournir des preuves robustes, multicouches et certifiées.

La question n’est plus de savoir si les systèmes traditionnels suffisent encore. Elle est de savoir à quelle vitesse il faut les dépasser.

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