

Pour répondre à la montée de la fraude, de plus en plus d’acteurs se tournent vers la biométrie faciale. Cette technologie permet de vérifier qu’une personne est bien celle qu’elle prétend être, en comparant son visage à une pièce d’identité et en s’assurant de sa présence réelle derrière l’écran.
Mais cette efficacité soulève un paradoxe. La biométrie est l’un des outils les plus performants contre l’usurpation d’identité, tout en étant perçue comme intrusive. Capturer et analyser un visage touche à l’intime. Dans ce contexte, le RGPD constitue le cadre juridique de référence incontournable en Europe pour encadrer ces pratiques.
Alors, que dit réellement la loi ?
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) définit les données biométriques comme des données à caractère personnel résultant d’un traitement technique spécifique, relatives aux caractéristiques physiques, physiologiques ou comportementales d’une personne physique, qui permettent ou confirment son identification unique.
Concrètement, il peut s’agir :
Il est important de distinguer l’image brute (par exemple une photo) du gabarit biométrique (template), qui est une représentation mathématique créée à des fins de comparaison.
Le RGPD classe les données biométriques utilisées à des fins d’identification unique dans la catégorie des « données sensibles » (ou catégories particulières de données). À ce titre, leur traitement est en principe interdit, sauf exceptions spécifiques.
Pourquoi cette protection renforcée ?
Cela ne signifie pas que leur usage est interdit, mais qu’il est strictement encadré.
Pour être conforme au RGPD, un dispositif de vérification d’identité reposant sur la biométrie doit respecter plusieurs principes fondamentaux.
Le principe de minimisation impose de ne collecter que les données strictement nécessaires à la finalité poursuivie.
Dans le cadre d’une vérification d’identité, cela signifie :
La finalité doit être précise, explicite et légitime : par exemple, prévenir la fraude lors d’un onboarding ou sécuriser une signature électronique.
Le RGPD impose la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles appropriées pour garantir un niveau de sécurité adapté au risque.
Dans le cas de la biométrie, cela implique notamment :
La sécurité ne doit pas être une option : elle est au cœur de la conformité.
Les utilisateurs doivent être clairement informés :
Le consentement peut constituer une base légale dans certains cas, mais il doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Dans d’autres situations, la base légale peut être l’obligation légale (par exemple en matière de KYC) ou l’intérêt légitime, sous réserve d’un équilibre avec les droits des personnes.
La question n’est donc pas de savoir si la biométrie est compatible avec le RGPD, mais comment elle est conçue et mise en œuvre.
Le RGPD impose le principe de “protection des données dès la conception” (privacy by design). Cela signifie intégrer la protection de la vie privée dès la phase de conception de la solution.
Concrètement, cela peut se traduire par :
L’objectif est de réduire le risque à la source.
Les standards techniques et les certifications jouent également un rôle clé. Des solutions évaluées selon des référentiels reconnus (ISO, CEN) et auditées par des organismes indépendants apportent des garanties supplémentaires en matière de sécurité et de robustesse.
Ils ne remplacent pas la conformité RGPD, mais ils contribuent à démontrer une démarche structurée et responsable.
Conclusion :
La vérification d’identité biométrique ne s’oppose pas au RGPD. Elle s’inscrit dans un cadre exigeant qui vise à concilier deux impératifs : lutter efficacement contre la fraude et protéger les droits fondamentaux des individus.
Dans un monde où les parcours numériques se multiplient et où la fraude s’industrialise, l’enjeu n’est pas d’abandonner la biométrie, mais de l’utiliser de manière responsable, transparente et proportionnée. C’est à cette condition qu’elle peut devenir un véritable levier de confiance dans l’identité numérique.
Prêts pour lutter contre la fraude à l’identité ?
Nos experts de la biométrie faciale se tiennent à votre disposition pour échanger sur vos besoins

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